Cet article est une adaptation de l’article projet Préserver la littérature trans publié (en anglais pour un public essentiellement nord-américain) sur The Transfeminine Review. Merci beaucoup à Beth de m’avoir donné la permission de réaliser cette adaptation, dont j’espère qu’elle sera utile !
J’espère que vous ferez largement tourner la page du projet, et n’hésitez pas à y proposer des améliorations 🙂
Voici un petit résumé de l’article pour commencer, parce que c’est long :
- Les conservateurs français s’inspirent directement des MAGA américains et de leur Project 2025. Là où les conservateurs américains ont fait de la transphobie leur cheval de bataille, l’extrême-droite française commence à importer la panique morale.
- En France, généralement, nous avons plus de respect pour la littérature « subversive » qu’aux États-Unis, mais l’argument de la liberté d’expression n’est pas un joker à toute épreuve.
- Une grande partie de l’écosystème queer en France dépend de réseaux sociaux américains. Des purges anti-contenu trans y ont déjà commencé : nous ne pouvons pas compter dessus.
- Les institutions centralisées sont les plus vulnérables à la censure d’État : devoir de réserve des fonctionnaires, pertes de subventions brutales… Dans le scénario du pire, les associations, médias indépendants et institutions culturelles seront en danger et ne pourront pas mener la bataille de la préservation de la littérature trans.
L’objectif de l’article n’est pas de faire de l’alarmisme forcé, on dit tous les deux que c’est assez peu probable qu’on ait besoin de toutes les mesures, mais plutôt de faire tranquillement les premières actions et de prendre les bons réflexes en espérant que les immédiats amélioreront notre confort de vie (c’est toujours cool de connaître les assos locales et d’avoir des œuvres trans en bibliothèque) et que les plus radicaux ne seront jamais utiles.
Je peux résumer l’essentiel des conseils de cet article en deux points :
- Créez une micro-bibliothèque : démarrez votre collection personnelle hors ligne de littérature trans. Sauvegardez tous les médias trans que vous pouvez, y compris ce qu’on trouve partout gratuitement. Ne stockez rien via un serveur ou fournisseur d’accès internet américain. Faites des copies. Utilisez dès maintenant des alternatives aux GAFAM. Maintenez une bonne hygiène numérique et chiffrez vos données. Mettez vos ressources en commun avec vos proches.
- Organisez-vous localement : trouvez et soutenez votre communauté locale avant que les initiatives nationales ou en ligne ne soient compromises. Créez des stratégies de distribution et de promotion de la littérature trans qui s’appliquent hors ligne. Rendez vos ouvrages disponibles aux personnes trans dans votre ville, votre quartier ou votre région. Soutenez les auteur·ices de votre région et si vous écrivez, rendez-vous disponible pour votre lectorat local.
Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à constituer ma micro-bibliothèque, en version papier et en version ebook. N’hésitez pas si vous voulez qu’on se partage des titres, et n’oublions pas de soutenir le monde de l’édition !